À Davos, Trump lance le « Conseil de la paix » et revendique l’adhésion de 59 pays
Le président américain Donald Trump a signé jeudi 22 janvier à Davos, en Suisse, la charte fondatrice de son controversé « Conseil de la paix ». Il affirme bénéficier du soutien de 59 pays et entend présenter ce nouvel organe comme un instrument de résolution des conflits opérant en parallèle des Nations unies, sans s’y substituer.
« Tout le monde veut en faire partie », a affirmé Donald Trump en montant sur scène, ajoutant que les États-Unis « travailleraient avec de nombreux autres pays, y compris les Nations unies ». Il a fait valoir que le conseil tirerait parti du « formidable potentiel » de l’ONU, alors que certains craignent que cette initiative ne mette à l’écart les structures multilatérales existantes.
Répondant aux inquiétudes généralisées selon lesquelles le nouveau conseil pourrait marginaliser les Nations unies, le dirigeant américain a souligné le « potentiel énorme » de l’organisme international, suggérant une future coopération entre les deux.
Le Conseil de la paix a été proposé en septembre dernier dans le cadre de la deuxième phase du plan de cessez-le-feu en 20 points de Washington pour Gaza. Il avait été initialement conçu pour superviser la reconstruction et la gouvernance dans la bande de Gaza, mais a depuis été défini de manière plus large comme une plateforme visant à résoudre les conflits internationaux.
« Il s’agit de l’un des organismes les plus importants jamais créés », a affirmé Donald Trump, le décrivant comme étant composé des « plus grands dirigeants mondiaux » œuvrant pour « la paix dans le monde ».
Le conseil exécutif de l’organisation nouvellement créée, présidé par Donald Trump lui-même, comprend notamment l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, et l’envoyé spécial américain au Moyen-Orient, Steve Witkoff.
Concernant Gaza, le président américain a déclaré qu’une fois le territoire démilitarisé et reconstruit, « nous pourrons faire à peu près tout ce que nous voulons en collaboration avec l’ONU », présentant le conseil comme un pilier essentiel des accords d’après-guerre menés par les États-Unis dans la région.
Une vingtaine de dirigeants ont rejoint Donald Trump sur scène pour signer la « Charte de la paix », notamment le président argentin Javier Milei, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et les dirigeants de l’Azerbaïdjan, de l’Indonésie, du Qatar, du Pakistan, de l’Arabie saoudite et de la Turquie.
Parmi les autres personnalités invitées à rejoindre le Conseil figurent le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président russe Vladimir Poutine. Moscou a toutefois réponde n’avoir pas encore décidé s’il allait officiellement rejoindre l’initiative.
Plusieurs pays européens ont déjà pris leurs distances. La France, l’Allemagne, la Norvège et la Belgique ont exclu toute participation à ce Conseil, tandis que l’Italie a gelé le processus de signature et l’Espagne devrait décliner l’invitation.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit décider de la réponse à donner à son invitation après une réunion urgente des dirigeants de l’UE jeudi.