A Bruxelles, la course aux postes-clés commence

Quelques heures après l’annonce des résultats des élections européennes, les principaux eurodéputés ont entamé les discussions sur les alliances politiques, dans la perspective de la nomination des prochains présidents de la Commission et du Parlement. Paris et Berlin affirment leur soutien à José Manuel Barroso pour un second mandat.

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Quelques heures après l’annonce des résultats des élections européennes, les principaux eurodéputés ont entamé les discussions sur les alliances politiques, dans la perspective de la nomination des prochains présidents de la Commission et du Parlement. Paris et Berlin affirment leur soutien à José Manuel Barroso pour un second mandat.

Joseph Daul, président du groupe de centre-droit PPE-DE au Parlement, a proposé, lundi 8 juin, de faire une grande coalition entre le Parti populaire européen, les libéraux du groupe ADLE et le Parti socialiste européen (PSE) pour reconduire José Manuel Barroso à la tête de la Commission. Un choix qui semble de plus en plus évident, la chancelière allemande, Angela Merkel, ayant indiqué son soutien à la candidature de M. Barroso, mardi 9 juin. 

« J’imagine mal que le Conseil dans sa composition actuelle puisse se prononcer en dehors du seul candidat pour le moment, c’est M. Barroso »a quant à lui indiqué le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, lors d’un débat à l’Assemblée nationale, le même jour. Et d’ajouter : « Je pense que M. Barroso sous présidence française (de l’UE, ndlr) a été un président de la Commission extrêmement efficace parce que la présidence était efficace. » 

Si le président de la Commission est à droite, le président du Parlement européen ne pourra vraisemblablement pas sortir des rangs du PPE-DE. A Bruxelles, le président du PPE, Wilfried Martens, a admis que le choix d’un candidat de droite pour le poste de président du Parlement européen ne serait pas une tâche facile. Il a même rappelé que son groupe avait été obligé de voter à bulletin secret pour s’accorder sur un candidat unique.

Même en cas d’alliance entre son groupe et l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE),  le PPE n’obtiendrait pas la majorité parlementaire, puisqu’il aurait alors 348 eurodéputés, alors que la majorité est atteinte avec 379 sièges, a expliqué M. Martens. Il a donc spécifiquement mentionné les socialistes comme partenaires potentiels dans ce cas-ci également.

ADLE, à droite ou à gauche ?

Le dirigeant de l’ADLE, Graham Watson, qui a été le premier à annoncer officiellement sa candidature au poste de président de l’assemblée parlementaire européenne (EURACTIV.com 08/01/09), préfère une coalition idéologique entre le PPE et l’ADLE.

M. Watson a insisté sur le fait que le choix devrait refléter le résultat des élections. Or, selon lui, l’ADLE fait partie de l’alliance de centre-droit. Il a aussi déclaré que le PPE ne devrait pas insister pour obtenir le poste de président du Parlement.

« Si le PPE envisage la présidence de la Commission européenne, il pourrait envisager de laisser la présidence du Parlement européen aux démocrates libéraux et aux socialistes, a-t-il ajouté. Je n’exclurais pas un tel effort d’imagination, même au PPE», a-t-il ironisé.  

Mais un tel accord avec le PSE et l’ADLE entraînerait probablement une division du mandat de cinq ans à la tête du PE entre les deux groupes. Même si M. Watson a répété qu’il était candidat pour cinq ans.

Il s’est de plus opposé à la vision du PPE selon laquelle M. Barroso devrait être reconduit maintenant, dans le cadre du traité de Nice, et les commissaires choisis après le second référendum irlandais attendu en octobre.

Le président sortant du Parlement, Hans-Gert Pöttering, a déclaré récemment qu’il voulait que l’élection du président de la Commission se tienne le 15 juillet, lors de la première session partielle de la nouvelle assemblée (EURACTIV.com 20/03/09). Une position également défendue par la France. 

« Je pense que M. Barroso n’a rien à craindre, a poursuivi M. Pöttering. Il est le seul candidat, donc peut-être devrions-nous prendre le temps d’appréhender ces procédures de manière logique, et régler toute l’affaire – présidence de la Commission et collège des commissaires – dans le cadre du traité de Lisbonne, s’il est adopté », a ajouté M. Watson.

Des ambitions pour une meilleure communication européenne

M. Watson a aussi divulgué ses plans pour combattre le faible taux de participation aux élections européennes et le manque général d’intérêt pour les affaires européennes, s’il est élu comme président du Parlement européen.

« Tout d’abord, a-t-il présenté, nous avons besoin d’une vraie politique de communication de la part des institutions européennes. Nous devrions commencer en donnant à Euronews le statut de diffuseur de service public dans tous nos pays, afin que les citoyens obtiennent des informations régulières sur ce qui se passe à Bruxelles. »

Il a suggéré qu’un pourcentage d’eurodéputés pourraient être élus sur des listes paneuropéennes, après une campagne commune, qui remplacerait les 27 campagnes nationales. Il a aussi plaidé pour que les commissaires soient choisis dans les rangs du Parlement européen, pour que « chaque commissaire ait un mandat d’élu au suffrage direct, ce qui permettra aux citoyens de voir l’impact de leur vote sur la nouvelle Commission européenne ».