60 eurodéputés exhortent la Commission européenne à se rendre à la Pride de Budapest

Soixante eurodéputés appellent la Commission à être « visiblement présente » à la Pride de Budapest le 28 juin, rejoignant le nombre croissant de voix s’élevant contre l’inaction de l’exécutif européen face à la répression des personnes LGBTQ en Hongrie.

EURACTIV.com
Brussels Holds 2025 Pride Parade In Celebration Of LGBTQIAP+ Community
En mars, le parlement hongrois a adopté une loi interdisant les marches des fiertés. [Getty Images/Omar Havana]

Soixante députés européens appellent la Commission européenne à être « visiblement présente » à la Pride de Budapest le 28 juin, rejoignant le nombre croissant de voix s’élevant contre l’inaction de l’exécutif européen face à la répression des personnes LGBTQ en Hongrie.

Dans une lettre, 60 députés européens issus de cinq groupes politiques différents expriment leur « profonde déception » face à la décision de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, de conseiller ses commissaires à ne pas assister à la Pride de Budapest — une information révélée par Euractiv lundi 26 mai.

Contactée par Euractiv la semaine précédant la publication de l’article de lundi, la Commission n’avait pas répondu. Elle a finalement démenti l’information mardi 27 mai.

Malgré ce démenti, les eurodéputés maintiennent la pression sur Ursula von der Leyen. Dans la lettre, ils lui demandent de « reconsidérer » sa position et d’assurer une présence officielle de l’exécutif européen lors de la marche des fiertés à Budapest.

Ils y accusent également la Commission de « manquer à ses obligations » et de faire preuve de « faiblesse et d’un manque de solidarité » envers la communauté LGBTQ européenne.

« Aujourd’hui plus que jamais, tous ceux qui croient en la liberté et la dignité pour tous ont besoin de voir que l’Union européenne est véritablement leur alliée », écrivent-ils encore.

Plusieurs sources ont indiqué à Euractiv que la Commission cherchait à éviter d’irriter le Premier ministre hongrois Viktor Orbán en envoyant de hauts fonctionnaires à l’évènement.

« Si la Commission européenne souhaite véritablement se tenir aux côtés de la communauté LGBTIQ+, elle ne peut s’abstenir de soutenir des manifestations pacifiques en faveur de l’égalité par crainte de “provoquer” le gouvernement de Viktor Orbán », notent les députés européens dans leur missive adressée à la présidente de l’exécutif de l’UE.

Cette lettre vient renforcer les critiques croissantes concernant l’inaction de la Commission face à la répression des personnes LGBTQ en Hongrie, notamment depuis l’adoption en mars dernier de la loi interdisant les marches des fiertés par le parlement hongrois.

La semaine dernière, la présidente du groupe libéral Renew Europe, Valérie Hayer, a également envoyé une lettre — cosignée par la députée hongroise Katalin Cseh et l’eurodéputée belge Sophie Wilmès — appelant la Commission à prendre des mesures juridiques provisoires pour permettre à la marche d’avoir lieu.

Par ailleurs, lundi, 17 États membres de l’UE ont signé une déclaration condamnant la répression de la communauté LGBTQ en Hongrie.

La Commission européenne a déclaré qu’elle ne pouvait pas confirmer les intentions de déplacements des commissaires pour la fin du mois de juin.

Le commissaire à la Justice, Michael McGrath a confié à Euractiv qu’il n’était « pas en mesure » d’assister personnellement à la Pride de Budapest, mais qu’il « n’excluait pas » d’étudier les mesures demandées par Valérie Hayer et d’autres.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]