3M exhorte l'UE à protéger les dépenses de santé et à créer un fonds d'urgence en cas de pandémie
Le leader dans le domaine de la sécurité a appelé à la création de fonds dédiés à la santé dans le prochain budget de l'UE afin de se préparer aux situations d'urgence.
Le spécialiste de la sécurité des travailleurs, 3M, a appelé à la création d’une ligne budgétaire dédiée à la santé dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE, ainsi qu’à une allocation spécifique pour la préparation aux pandémies, avertissant que les réponses fragmentées apportées au début de la pandémie de Covid-19 ont fait perdre un temps précieux.
Le conglomérat, qui a joué un rôle central dans la fourniture d’équipements de protection individuelle dans le cadre d’un marché public commun de l’UE lors de la première vague de la pandémie, a lancé cet appel lors d’un débat au Parlement européen sur les contre-mesures médicales et le stockage.
Cette discussion intervient alors que Bruxelles cherche à mettre en œuvre sa stratégie de contre-mesures médicales, dévoilée en juillet dans le cadre du programme plus large de l’Union de préparation. Ce plan vise à renforcer la hiérarchisation des menaces, la capacité de production et le déploiement des fournitures essentielles, mais son succès dépend de l’obtention d’un financement à long terme.
Maxime Bureau, directeur des affaires gouvernementales chez 3M, a déclaré que l’entreprise avait participé au premier appel d’offres conjoint de l’UE en mars 2020, mais a qualifié la réponse initiale de « fragmentée et lente », citant les restrictions à l’exportation imposées par les grands États membres qui ont entravé l’approvisionnement transfrontalier. « Nous avons probablement perdu six mois », a-t-il ajouté, malgré les améliorations ultérieures en matière de coordination.
Selon lui, le prochain CFP représente une occasion cruciale de veiller à ce que l’Europe ne perde pas à nouveau un temps précieux face à une situation d’urgence émergente.
« Je pense que l’Union européenne a une opportunité fantastique avec ce nouveau CFP », a-t-il déclaré, présentant le prochain cycle budgétaire comme un tournant structurel.
« Nos députés européens ont tout à fait raison. Nous devons disposer d’une ligne budgétaire dédiée à la santé. Vous pouvez en avoir une importante pour les soins de santé, mais vous avez besoin d’une sous-ligne très claire, dédiée au stockage stratégique et à la préparation aux crises. »
Mettre fin à l’improvisation en cas de crise
Le même jour, lors d’une autre discussion en plénière du Parlement européen sur le prochain cadre financier pluriannuel, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a fait valoir que le modèle budgétaire actuel de l’UE n’était plus adapté à un monde caractérisé par des crises qui se chevauchent, une instabilité géopolitique et des chocs systémiques.
« Nous nous souvenons tous de ce qui s’est passé chaque fois qu’une crise a frappé », a-t-elle déclaré aux députés européens. « Les longues nuits passées au Conseil européen ou en trilogue, à essayer de gratter le fond du baril. Ce niveau d’incertitude et d’improvisation n’est tout simplement pas tenable. »
Mme von der Leyen a présenté le prochain CFP comme une réinitialisation structurelle, appelant à un budget non seulement plus important, mais aussi fondamentalement différent dans son fonctionnement.
« Nous avons besoin d’un nouveau budget solide et fiable », a-t-elle déclaré. « Un budget plus rapide et plus ambitieux. Plus simple et plus flexible. »
Plutôt que de répéter un cycle de réaffectations d’urgence après le début d’une crise, elle a plaidé en faveur d’un changement de logique.
« Au lieu d’une décision tous les sept ans, suivie d’une gestion constante des crises, nous voulons que le budget annuel joue un rôle plus important dans le financement de nos priorités. »
Son intervention inscrit la demande de 3M en faveur d’une ligne budgétaire dédiée à la santé et d’une sous-ligne consacrée à la préparation aux pandémies dans le cadre d’une réflexion institutionnelle plus large : comment concevoir un budget capable d’agir plus tôt, plus rapidement et de manière plus prévisible lorsque la prochaine urgence se présentera.
Le financement de la santé fait défaut
Tomislav Sokol (PPE), rapporteur pour la loi sur les médicaments essentiels, s’est félicité que la proposition de CFP inclue une enveloppe claire pour la préparation : le mécanisme de protection civile de l’Union+ (UCPM+), doté provisoirement de 10,7 milliards d’euros.
« Lorsque nous parlons du CFP, la partie consacrée à la préparation en général, à la protection civile et à la préparation aux urgences sanitaires se présente plutôt bien. Il s’agit d’environ 10,7 milliards d’euros. Ce montant pourrait être plus élevé, mais nous disposons de fonds spécifiques, ce qui est une bonne chose. Pour moi, le problème concerne la santé en général. Le financement de la santé est donc une question majeure. »
« Dans le budget précédent, qui couvrait sept ans, nous avions un programme distinct pour la santé, qui disposait à l’origine de plus de 5 milliards d’euros. Dans le nouveau programme, nous n’avons plus de budget européen dédié à la santé. »
Pour M. Sokol, cela est politiquement dangereux : « Si vous voulez connaître les priorités des politiciens, il suffit de regarder le budget. Le message est que la santé n’est plus aussi importante qu’elle l’était lors du mandat précédent… Ce n’est pas le bon message à envoyer. »
La durabilité du stockage
Anne Simon, chef d’unité, Bureau des urgences, DG HERA, Commission européenne, a déclaré que « l’objectif est de garantir que nous conservions un certain niveau de flexibilité pour faire face aux différentes menaces qui se profilent à l’horizon… mais nous voulons également nous assurer que le soutien à la santé puisse se poursuivre ».
Elle a directement établi un lien avec la stratégie de contre-mesures médicales de HERA, adoptée en juillet, qui comprend deux annexes.
« Cette stratégie ambitieuse présente également deux annexes très importantes. La première concerne la hiérarchisation des menaces… Et la seconde concerne le stockage. »
M. Simon a souligné l’importance de cette annexe sur le stockage pour la préparation à long terme.
« Cette annexe est très importante pour garantir que ce stockage, qui peut être considéré comme une assurance, soit durable à long terme. »
Le stockage n’est pas seulement un détail opérationnel, mais un système qui nécessite un financement stable et prévisible dans le temps, ce qui rend la structure du prochain CFP directement pertinente pour la capacité de HERA à remplir son mandat.
Le temps presse sur le plan politique
L’urgence du débat sur la préparation est accentuée par la réalité politique qui se dessine actuellement à Bruxelles. S’exprimant devant le Parlement européen le 12 novembre, la ministre danoise des affaires européennes Marie Bjerre, présidente en exercice du Conseil, a clairement indiqué que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel avançaient rapidement et que les retards ne seraient pas tolérés.
« Le prochain CFP définira notre budget pour les années à venir. Il déterminera également les priorités de l’Union pour les décennies à venir », a déclaré Mme Bjerre aux députés européens, présentant le budget non pas comme un exercice technique, mais comme une décision stratégique pour l’avenir de l’Europe.
Pour le Conseil, la priorité absolue est la rapidité et la certitude. « Notre première responsabilité est de garantir un accord en temps utile, afin de permettre la mise en œuvre des nouveaux programmes dans les délais prévus et dans l’intérêt de tous », a-t-elle déclaré, avertissant que l’échec serait « inacceptable pour nos citoyens, nos entreprises, nos autorités régionales et locales ».
Une feuille de route claire
La présidence danoise a déjà établi une feuille de route claire. Mme Bjerre a confirmé que plus de 50 réunions techniques avaient eu lieu depuis la proposition de la Commission en juillet. Entre-temps, les ministres des affaires européennes ont tenu leur troisième discussion sur le CFP la semaine dernière. Elle a annoncé que le Conseil avait pour objectif de produire « un premier projet de cadre de négociation avant le Conseil européen de décembre », qui constituera en fait le premier projet politique pour l’accord.
Tout en reconnaissant que la proposition de la Commission introduit « des changements importants au budget tel que nous le connaissons aujourd’hui », Mme Bjerre a clairement indiqué qu’un compromis ne signifie pas l’inertie. « Des changements et des ajustements devront être apportés. Comme d’habitude, les changements seront effectués conformément à la procédure normale. Mais le statu quo n’est pas une option si nous voulons relever les nouveaux défis et répondre aux nouvelles priorités. »
(BM)