1er mai : les syndicats italiens mécontents de la convocation de dernière minute de Giorgia Meloni
La décision de dernière minute de la Première ministre italienne de convoquer le Conseil des ministres le jour de la fête du Travail tout en demandant la présence des syndicats pour discuter du nouveau « décret travail » en a laissé plus d’un furieux.
La décision de dernière minute de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, de convoquer le Conseil des ministres le jour de la fête du Travail tout en demandant la présence des syndicats pour discuter du nouveau « décret travail » en a laissé plus d’un furieux.
Les syndicats ont été convoqués par le gouvernement tard dans la soirée de dimanche (30 avril) « pour une mesure qu’ils ont déjà décidée » et qui sera appliquée sans offrir aucune marge de négociation, a déclaré Maurizio Landini, dirigeant de la Confédération générale du travail italienne (Confederazione Generale del Lavoro, CGdL), dans un communiqué.
La mesure comprendra notamment l’élimination du revenu de citoyenneté, le lancement de l’allocation d’inclusion pour les familles avec des membres handicapés, des mineurs, des personnes de plus de 60 ans et le lancement de l’outil d’activation au travail (Activation Tool at Work).
« Ce n’est pas ce que nous demandions depuis longtemps, mais nous évaluerons ce qui sera mis en œuvre concrètement », a déclaré M. Landini.
Les syndicats demandent au gouvernement d’augmenter les salaires « de manière très substantielle » et de procéder à une « véritable » réforme fiscale, qui toucherait les revenus financiers et immobiliers et réduirait l’imposition du travail salarié. Ils exhortent également le gouvernement à lutter contre la précarité des travailleurs.
« En Italie, il y a beaucoup de travail sous-payé, et dans certains cas, on peut même se retrouver dans la situation de devoir payer pour travailler. Je pense que ce n’est plus acceptable », a affirmé M. Landini, soulignant que « près de 120 000 jeunes » quittent le pays chaque année.
Elly Schlein, cheffe de file du Parti démocratique (PD, groupe des Socialistes & Démocrates au Parlement européen), a également attaqué Mme Meloni, affirmant que les nouvelles mesures visaient à accroître la précarité de l’emploi en promouvant les contrats temporaires.
« Nous en avons assez de voir des tas d’emplois pauvres et précaires qui condamnent les jeunes, en particulier dans le sud, à des conditions de précarité insupportables », a déclaré Mme Schlein.
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Travailler le jour de la fête du Travail ?
M. Landini a également critiqué le jour où le gouvernement a décidé de tenir une réunion du cabinet pour approuver un ensemble de mesures relatives au travail, estimant qu’il s’agissait d’un mauvais exemple, a rapporté l’agence de presse ANSA.
Mme Meloni a qualifié les propos de M. Landini d’« incompréhensibles » et a appelé au « respect » du travail du gouvernement.
« Je pense que c’est un bon signal pour ceux qui, comme nous, ont le privilège d’honorer par leur engagement, en ce jour férié, les travailleurs et les réponses qu’ils attendent », a déclaré Mme Meloni.
Elle a également suggéré que, dans cette logique, si le gouvernement ne devait pas travailler le jour de la fête du Travail, le grand concert traditionnel que les syndicats organisent le même jour sur la place Saint-Jean à Rome ne devrait pas avoir lieu non plus.
« Je rappelle à M. Landini que de nombreuses personnes travaillent le 1er mai, des serveurs aux médecins, en passant par les policiers et les techniciens qui rendent possible le concert de la place Saint-Jean », a déclaré la Première ministre, ajoutant que, dans le cas contraire, le concert devrait être organisé un autre jour.
Pour Pierpaolo Bombardieri, secrétaire de l’Union italienne du travail (UIL), la démarche de Mme Meloni est « un acte de propagande » visant à revendiquer un « espace » dans cet évènement.
« Il y a un problème de méthode : le gouvernement nous convoque ce soir à 19 heures sur un décret qu’il ne sera probablement pas possible de modifier », a-t-il expliqué dimanche.
« Comme partout en Europe, nous devons maintenir un niveau de soutien à ceux qui sont dans le besoin. Les pauvres ont doublé et les inégalités augmentent », a souligné M. Bombardieri, après avoir rappelé que les mesures proposées par Mme Meloni n’étaient pas suffisantes pour résoudre le problème.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]