150 + 60 = 210 millions d’aides pour les agriculteurs européens

La Commission européenne vient de rajouter 60 millions d’euros aux 150 millions prévus pour pallier les dégâts de la bactérie E.coli. Le ministre de l’Agriculture demande toujours une indemnisation intégrale des maraîchers français.

EURACTIV.fr
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La Commission européenne vient de rajouter 60 millions d’euros aux 150 millions prévus pour pallier les dégâts de la bactérie E.coli. Le ministre de l’Agriculture demande toujours une indemnisation intégrale des maraîchers français.

A peine le commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos avait annoncé, le 7 juin, les 150 millions d’aides, que les critiques se faisaient déjà entendre. Les ministres nationaux ont jugé la somme insuffisante pour aider les agriculteurs européens dont les productions sont menacées par l’épidémie de la bactérie E.coli.

En première ligne de cette protestation, le ministre de l’Agriculture français, Bruno Le Maire qui réclamait un remboursement « à l’euro près » des pertes. 

Dès la semaine prochaine 

La Commission européenne a donc réagi en conséquence et annoncé le 8 juin, une réévaluation du montant global à 210 millions d’euros. Le taux de remboursement, initialement de 30%, est lui aussi augmenté, passant à 50%. Les aides seront ouvertes à tous, même aux exploitants qui ne sont pas affiliés à une organisation. Les producteurs de courgettes et de poivrons ont été rajoutés à la liste des bénéficiaires. 

Dacian Ciolos espère que ces mesures seront validées « dès la semaine prochaine » par les États, ce qui permettrait d’effectuer les premiers versements aux agriculteurs lésés début juillet. « La priorité est d’aider les producteurs de légumes le plus vite possible ».

Les calculs prendront en compte la période allant du 26 mai à la fin du mois de juin. 

Prix moyens 

Si certains estiment qu’un taux de 50% n’est toujours pas suffisant, le commissaire européen a rappelé que les exploitants membres d’organisations agricoles pourront aussi percevoir d’autres aides, ce qui leur permettrait de toucher jusqu’à 70% du prix de référence. Voire même 90% dans certaines régions. 

Ce prix est calculé selon une moyenne des tarifs des produits concernés aux mois de juin entre 2008 et 2010. 

Toujours 100%

« Nous faisons le maximum (…) selon nos possibilités », a lancé Darian Ciolos tout en reconnaissant que les institutions européennes ne sont pas suffisamment équipées pour lutter contre la crise. 

Lors d’une audition au Sénat le même jour, Bruno Le Maire a déclaré que le commissaire européen avait eu une « réaction rapide » et que le geste était « positif » mais que ce n’était encore « pas suffisant ». L’objectif reste une indemnisation à 100% des maraîchers touchés par la baisse des ventes ou les destructions de leurs produits. 

Réformer

Toutefois, il a rejoint le constat de l’impréparation. « Il y aura d’autres crises. Les instruments d’intervention sont indispensables ». 

Pour qu’ils deviennent réalité, le commissaire européen a proposé d’intégrer cette réflexion dans le débat autour de la réforme de la politique agricole commune pour la période 2014-2020.