Verhofstadt : Le référendum irlandais apporte le « changement » [FR]

Les présidents tchèque et polonais n’auront plus d'autre choix que de ratifier le traité de Lisbonne après son approbation massive en Irlande, selon Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral au Parlement européen. L’ancien premier ministre belge s’est confié à EURACTIV lors d'un entretien exclusif. Guy Verhofstadt était le premier ministre de la Belgique lors du sommet de Laeken en 2001, lorsque le processus de rédaction d’un nouveau traite européen a été lancé, à Laeken (Belgique) en 2001. Bien qu’il soit souvent considéré comme ‘trop fédéraliste’, son nom est souvent cité comme candidat pour le futur poste de  président permanent du Conseil européen. Il s'est entretenu avec Georgi Gotev. Pour lire un résumé de l'entretien, cliquez ici.

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Les présidents tchèque et polonais n’auront plus d’autre choix que de ratifier le traité de Lisbonne après son approbation massive en Irlande, selon Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral au Parlement européen. L’ancien premier ministre belge s’est confié à EURACTIV lors d’un entretien exclusif.

Guy Verhofstadt était le premier ministre de la Belgique lors du sommet de Laeken en 2001, lorsque le processus de rédaction d’un nouveau traite européen a été lancé, à Laeken (Belgique) en 2001. Bien qu’il soit souvent considéré comme ‘trop fédéraliste’, son nom est souvent cité comme candidat pour le futur poste de  président permanent du Conseil européen. Il s’est entretenu avec Georgi Gotev.

Pour lire un résumé de l’entretien, cliquez ici.

Vous venez de dire, avant même que les résultats définitifs du referendum en Irlande soient connus, que dorénavant 500 millions d’Européens avaient ratifié le traité de Lisbonne, directement ou par l’intermédiaire de leurs parlements. Pourtant, deux chefs d’Etats font obstacle à la ratification finale. A quoi peut-on s’attendre concernant ces dernières obstructions ?

Quand même, la signification d’aujourd’hui, c’est que tous les peuples de l’Union, ou bien en direct, par une consultation populaire, ou bien indirectement, par leur parlement, ont dit oui. Et donc la conclusion de ne peut être que d’apposer deux signatures. C’est la seule réaction possible qu’on peut attendre maintenant, puisque les 27 peuples de l’Union ont dit oui.

Que peut faire le Parlement européen dans ces conditions ?

Je crois qu’on va avoir un débat la semaine prochaine au Parlement européen. Ce sera important, mais ce qu’il faut attendre maintenant, c’est le résultat, les faits, de ce ‘oui’ massif irlandais. Et le changement ! Parce qu’on peut comprendre, qu’il y avait des doutes avec le traité de Lisbonne, qui a fait des voix négatives. Mais entre-temps, avec la crise économique, les Irlandais on dit : il faut l’Europe, il faut l’euro ! Sans l’euro et l’Union, ça aurait été le chaos dans l’Union Européenne, pendant cette crise économique et financière ! Pour moi, c’est cela qui explique le changement massif en Irlande. 

Donc, nous sommes dans une situation entièrement nouvelle ?

C’est ça. Et je pense que ça doit jouer maintenant. Je ne vois pas comment, l’un ou l’autre chef d’état, peut bloquer quelque chose qui a été approuve par les 27 populations de l’Union européenne. Encore une fois, comme c’est le cas en Irlande, par consultation populaire, soit par le parlement. Enfin ! Je vois mal, ce serait en opposition complète avec le fonctionnement démocratique du continent !

Ce serait légal, mais pas démocratique ?

Voilà ! C’est vous qui le dites, mais c’est un bon résumé.

Mais il y a un problème. Le conseil européen de Juin a adopté la décision de ne pas commencer  la consultation sur la composition de la nouvelle commission européenne avant de savoir avec certitude la base juridique sur laquelle la nouvelle commission sera constituée – sur le traité de Nice ou sur le traité de Lisbonne. Or, nous ne sommes pas encore dans le contexte du traité de Lisbonne… 

Juin, c’est déjà longtemps. Pour les politiques, ça fait déjà une éternité qui est derrière nous. 

Parlons d’une autre éternité. Dans votre discours préparé à l’avance, vous avez parlé du sommet de Laeken de 2001 qui avait lancé le processus menant à la Constitution et finalement au traité de Lisbonne. Vous étiez le premier ministre belge. En tirez-vous quelque satisfaction aujourd’hui ?

Oui, oui, tout a fait, parce qu’on a commencé il y a huit ans. A ce moment, c’était une sorte de rêve de rendre l’union beaucoup plus démocratique et transparente, moins d’unanimité, plus de majorité qualifiée, plus de possibilités de pétitions pour le citoyen, c’était notre rêve. Et maintenant ce rêve se réalise, c’est ça qui est important.

Avez-vous pour rêve de devenir le premier président permanent de l’UE ?

C’était une très bonne interview.

(Propos recueillis par Georgi Gotev.)