Paul Magnette : "Il faut avancer sur le salaire minimum européen"
Selon Paul Magnette, le pilier social de l’Union Economique et Monétaire (UEM) doit impérativement être renforcé avec une proposition pour un salaire minimum européen, "même si on ne va pas fixer le même niveau de salaire minimum partout en Europe."
Selon Paul Magnette, le pilier social de l’Union Economique et Monétaire (UEM) doit impérativement être renforcé avec une proposition pour un salaire minimum européen, "même si on ne va pas fixer le même niveau de salaire minimum partout en Europe."
Paul Magnette est un homme politique Belge (PS) qui a commencé sa carrière comme professeur de science politique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Il a été ministre fédéral du climat, de l’énergie, et de l’environnement (2007-2011) et ministre fédéral des entreprises publiques (2011-2013). Il est aujourd’hui bourgmestre de Charleroi.
Il répond aux questions de Frédéric Simon, directeur de la rédaction d’EURACTIV.
Les dirigeants européens ont lancé cette année une réforme de l’Union Economique et Monétaire (UEM), pour lui donner une dimension plus « sociale ». Ce processus doit aboutir au conseil européen en décembre avec des propositions, qu’est-ce que vous en attendez ?
C’est une excellente chose mais ça fait maintenant bientôt trente ans qu’on essaye de corriger une asymétrie qu’on a créée en 1986-87 avec l’Acte Unique Européen, qu’on a aggravée avec la manière dont on a construit l’Union Economique et Monétaire (UEM), sans pilier économique et sans pilier politique en 1991-92 avec le traité de Maastricht.
Le traité d'Amsterdam a déjà permis de rectifier un petit peu, il y a des choses intéressantes dans le traité de Lisbonne, j’espère qu’on puisse encore récupérer un certain nombre de choses ici. Mais honnêtement, je ne dirais pas que c’est un emplâtre sur une jambe de bois, mais ce sont de tout petits progrès comparés à ce qu’il faudrait faire pour pouvoir redonner un vrai équilibre au projet européen.
D’accord, mais concrètement ?
Il faut vraiment avancer sur le salaire minimum européen, c’est extrêmement important, et Mr Andor a fait une proposition dans ce sens. Même si on ne va pas fixer le même niveau de salaire minimum partout en Europe, au moins, ça fonde l’idée qu’il faut un salaire minimum, comme il y a un siècle il fallait fonder le débat sur le fait qu’il fallait un impôt progressif. Et ça permettra de commencer à organiser une forme de convergence.
Un peu comme il y a eu le serpent monétaire, il y aurait un serpent salarial ?
Voilà, par exemple. Je crois aussi – même si c’est un débat assez technique – qu’il faut revoir la directive sur le détachement des travailleurs. Elle ne permet pas suffisamment aux états membres de vérifier, de contrôler, et de s’assurer qu’il y a respect des règles du pays dans lequel les travailleurs exercent.
Dernière question, il y a un méga-scrutin en Belgique l’année prochaine avec des élections à la fois européennes, fédérales et régionales. En imaginant que les socialistes fassent un bon score, est-ce que vous vous verriez retourner à Bruxelles, peut-être cette fois à la Commission européenne ?
Non, parce que je me suis engagé à travailler à redresser ma bonne ville de Charleroi et que je veux tenir mes engagements. Même si je suis très attaché à l’Europe et que j’espère un jour pouvoir me consacrer à l’Europe, mais pas en 2014.