Les priorités de la nouvelle présidente des distributeurs de gaz européens
Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF, a pris le 9 octobre la présidence du syndicat GD4S, regroupant plusieurs distributeurs gaziers du continent. Pour Euractiv, elle fait part de la stratégie de l’association pour influer sur les futurs textes européens.
Laurence Poirier-Dietz, directrice générale de GRDF, 1er distributeur de gaz en France et en Europe, a pris le 9 octobre la présidence du syndicat GD4S, regroupant plusieurs distributeurs gaziers du continent. Pour Euractiv, elle fait part de la stratégie de l’association pour influer sur les futurs textes européens.
Laurence Poirier-Dietz est directrice générale de GRDF depuis 2021. Elle était auparavant directrice générale CLIMESPACE, filiale d’Engie et leader mondial du froid urbain et du rafraîchissement, avant d’être directrice générale adjointe d’Engie Ineo, filiale d’Engie spécialisée en génie électrique.
GD4S regroupe actuellement 11 grands opérateurs européens de réseaux de distribution de gaz de huit États membres de l’UE et du Royaume-Uni. Tous leaders au niveau national, ils desservent plus de 47 millions de clients et représentent 41 % du marché du gaz de l’UE.
En tant que présidente de GD4S pour les 18 prochains mois, Laurence Poirier-Dietz va principalement insister à Bruxelles sur la prise en compte des recommandations du manifeste de l’association publié en avril dernier.
Priorités de GD4S
Le premier objectif du livrable est « de faciliter la production de gaz renouvelable en Europe » pour atteindre l’objectif de 35 milliards de mètres cubes produit dans l’UE chaque année dès 2030. Pour ce faire, « nous insistons d’abord [dans ce manifeste] sur la nécessité que tous les États membres aient des objectifs individuels », à la manière de ce qui est actuellement prescrit en matière de développement des énergies renouvelables à travers la directive dite RED, rappelle Laurence Poirier-Dietz.
Aussi, que tous les États membres « disposent de mécanismes de support d’aides à la production et à l’investissement dans les infrastructures et le réseau », ajoute-t-elle. L’UE, selon Laurence Poirier-Dietz, a vocation à « inciter au recours à certains types de mécanismes d’aides appropriés », chaque pays décline ensuite en fonction de ses particularités : tarifs de rachat, contrats d’achat d’électricité, etc.
La dirigeante insiste également sur la nécessité de « défendre l’équilibre du système énergétique entre gaz et électricité dans une approche neutre technologiquement ». Selon elle, les discussions « font trop souvent apparaître l’électrification massive comme la seule solution de décarbonation ».
Or, pour « atteindre la neutralité carbone tout en assurant la résilience du système, il faut un cadre plus pragmatique qui permette une meilleure coordination entre énergies », seule solution pour « décarboner tout en restant abordable et résilient », défend-elle.
Pour l’heure, le taux d’électrification des usages stagne autour de 23 % au niveau européen, et ce depuis plusieurs années.
Focus sur la nouvelle Commission
Ce message, Laurence Poirier-Dietz souhaite le porter directement à la Commission européenne.
Le collège de commissaire à peine validé, « il est encore difficile de faire un commentaire général avant le début des travaux de la nouvelle Commission », consent-elle. Elle salue cependant le rapprochement des portefeuilles à l’Énergie et au Logement, sous la houlette du nouveau commissaire Dan Jørgensen.
« Cela va permettre davantage de promouvoir l’usage des énergies décarbonées dans le bâtiment et de sensibiliser les citoyens aux enjeux européens », pense-t-elle.
« L’économie circulaire devrait également prendre une place plus importante », note la présidente de GD4S. Selon les informations d’Euractiv, le Clean Industrial Deal, sorte de paquet de textes, attendu dans les 100 premiers jours de la nouvelle Commission européenne, pourrait compter un règlement sur l’économie circulaire.
De prime abord, Laurence Poirier-Dietz prévient que « bien que la création de règles et de définitions communes est nécessaire, il serait dommage que la réglementation se résume à la création d’un marché commun des déchets ». Elle appelle, dès lors, à être soucieux de la prise en compte des réalités et des solutions « locales », comme la « gestion en circuits courts des déchets ressources ».
Lobbying depuis Bruxelles
Et s’il faut désormais aider les autorités européennes à mieux comprendre la maille locale, « en tant que distributeurs, nous avons la vision très locale, nous sommes là pour apporter de l’expertise du terrain », clame-t-elle. Tout l’intérêt, selon elle, de « renforcer » la place de GD4S à Bruxelles. « Nous souhaitons que notre voix de distributeurs ancrés dans les territoires et porteuses des réalités locales puisse contribuer à enrichir le débat ».
À ces fins, l’association compte désormais trois permanents dans la capitale européenne.
« Nous avons l’ambition d’être connus et considérés comme le porte-parole des distributeurs de gaz et, à ce titre, invités autour de la table pour participer directement à l’élaboration des textes, notamment sur la partie technique et la partie faisabilité dans les territoires dans chacun des États membres de l’UE ».
Pour renforcer son rôle, GD4S souhaite accueillir de nouveaux membres, en provenance notamment d’Europe centrale et orientale, confie sa présidente.
L’association prépare également un évènement à Paris fin mars 2025 « autour des gaz verts », indiquent à Euractiv les services communications de GRDF.