Le président du réseau français dénonce l'idéologie européenne [FR]
Dominique Maillard, le président du directoire du Réseau de transport d’électricité français (RTE), explique pourquoi il estime que la séparation des activités des entreprises énergétiques n'est pas nécessaire en France. Il s'explique dans un entretien à EURACTIV France, quelques jours à peine après que le géant énergétique allemand E.ON a provoqué la surprise en Europe en proposant de céder son réseaux de transport d'électricité. Dominique Maillard est le président du directoire du RTE, le gestionnaire de réseau de transport électrique français (GRT).
Dominique Maillard, le président du directoire du Réseau de transport d’électricité français (RTE), explique pourquoi il estime que la séparation des activités des entreprises énergétiques n’est pas nécessaire en France. Il s’explique dans un entretien à EURACTIV France, quelques jours à peine après que le géant énergétique allemand E.ON a provoqué la surprise en Europe en proposant de céder son réseaux de transport d’électricité.
Dominique Maillard est le président du directoire du RTE, le gestionnaire de réseau de transport électrique français (GRT).
La proposition inattendue de E.ON, annoncée lors de la réunion des ministres européens de l’Energie à Bruxelles sur le thème de la libéralisation de l’énergie, est survenue à un moment totalement inapproprié pour l’Allemagne et la France, qui mènent l’opposition contre les propositions de la Commission (EURACTIV 29/02/08).
Dans le cadre des plans de la Commission, les groupes verticalement intégrés comme E.ON en Allemagne et EDF en France, seraient forcés de vendre leurs réseaux de transport d’électricité pour se concentrer exclusivement sur la production et l’approvisionnement en électricité. E.ON a donc proposé de franchir cette étape afin de mettre un terme aux enquêtes antitrust actuellement lancée par Bruxelles.
Mais selon le RTE, une filiale de l’entreprise publique EDF, de telles mesures radicales ne sont pas nécessaires en France.
« Cette question n’est pas à l’ordre du jour en ce qui nous concerne », a déclaré Dominique Maillard, président du directoire du RTE.
M. Maillard a affirmé que la question essentielle porte davantage sur l’indépendance et la neutralité des gestionnaires de réseau de transport (GRT), qualités qui selon lui sont « reconnues à RTE et auxquelles nous sommes particulièrement attachées ».
Il a plutôt suggéré que l’approche pro-libéralisation de la Commission a été déterminée par l’idéologie. « Dans le débat actuel, on peut parfois avoir le sentiment que certains ont une réponse idéologique toute faite … C’est gênant ».
M. Maillard préfère privilégier une « démarche analytique » par laquelle les régulateurs chercheraient à comprendre comment l’indépendance des GRT est garantie dans chaque pays européen. « Je pense notamment à la fixation des programmes d’investissement, aux garanties données aux dirigeants ou encore à l’existence d’un code de bonne conduite ».
« En France, aujourd’hui, toutes ces conditions sont remplies de manière satisfaisante ; la séparation patrimoniale ne me semble donc pas nécessaire ».
Les diplomates ont récemment souligné les « lignes rouges » de la France dans la discussion :
- maintenir l’intégrité de la propriété des entreprises énergétiques intégrées ;
- laisser les décisions relatives aux niveaux mondiaux d’investissement et de dette aux structures décisionnaires de l’entreprise, et ;
- apporter des garanties sur les retours sur investissement dans les nouveaux réseaux.
Après la dernière réunion des ministres européens de l’Energie le 28 février, la Slovénie, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a déclaré que des experts aborderaient « l’ensemble des propositions » présentées. Le ministre slovène de l’Economie Andrej Vizjak, a déclaré qu’il était impossible d’ignorer les réserves émises par les Etats membres, ajoutant qu’il comptait parvenir à un accord politique lors de la réunion du 6 juin (EURACTIV 29/02/08).
Pour lire l’entretien sur EURACTIV France, cliquez ici (en français uniquement).