La Russie et la Chine sont une menace à la région méditerranéenne, selon un sénateur italien d'extrême droite
La Russie et la Chine sont les deux principaux pays qui représentent une menace pour la sécurité et les infrastructures stratégiques méditerranéennes — telles que les gazoducs et les câbles sous-marins.
La Russie et la Chine sont les deux principaux pays qui représentent une menace pour la sécurité et les infrastructures stratégiques méditerranéennes — telles que les gazoducs et les câbles sous-marins.
C’est ce qu’a expliqué à EURACTIV Italie le sénateur d’extrême droite Marco Dreosto, secrétaire du bureau de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
L’instabilité en Méditerranée fait partie des évolutions possibles entraînées par le conflit en Ukraine, selon le sénateur de la Ligue, un parti d’extrême droite, membre de la coalition au pouvoir en Italie.
Dans la région qui s’étend de l’Europe continentale à la ceinture nord et subsaharienne du continent africain, « plusieurs acteurs hostiles », dont la Russie et la Chine, pourraient mettre en péril la sécurité de l’Europe, a-t-il ajouté.
En ce qui concerne la Russie, le pays dispose d’une flotte de plus en plus importante dans la région. La Russie gagne aussi en influence grâce aux actions du groupe Wagner.
Par ailleurs, la Chine poursuit sans relâche son « action de pénétration efficace » dans le bassin méditerranéen. Si leurs motivations sont principalement économiques, les deux pays mènent quotidiennement des campagnes de propagande et de désinformation contre l’Occident, a ajouté M. Dreosto.
La Turquie et l’Iran dans les Balkans ainsi que la prolifération des mouvements djihadistes au Sahel menacent également la stabilité des zones stratégiques, créant un problème de sécurité italien et européen.
La « bombe des migrants »
L’une des premières attaques, selon l’exécutif de la Première ministre Giorgia Meloni, est, selon les dires du chef de groupe de la Ligue Massimiliano Romeo, la « bombe des migrants » à savoir le flux croissant de migrants irréguliers en provenance d’Afrique vers l’Italie.
L’alarme a été tirée directement par les plus hautes sphères des institutions italiennes : le ministre de la Défense Guido Crosetto a parlé d’une « guerre hybride », menée par le groupe Wagner en Afrique, qui serait à l’origine de la vague de migrants. La position de M. Crosetto est soutenue par l’ensemble de la majorité gouvernementale et par Mme Meloni.
« Les flux migratoires provoqués par l’instabilité (induite ou physiologique) des pays de la Méditerranée élargie ne sont qu’une des armes hybrides utilisées par ces acteurs hostiles pour mener une guerre asymétrique », souligne M. Dreosto.
Attaques traditionnelles
En outre, dans le contexte de tensions géopolitiques accrues en Europe, aux attaques « traditionnelles » par voie terrestre, maritime ou aérienne s’ajoutent des attaques informatiques et « sous-marines », qui pourraient viser des infrastructures stratégiques, comme les gazoducs pour l’approvisionnement énergétique de l’Italie et de l’Europe et les câbles sous-marins pour la transmission de données sur Internet.
La menace s’étend également à l’économie mondiale si l’on considère que 20 % des routes commerciales maritimes, cruciales pour l’import-export, passent par la Méditerranée.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est récemment exprimé sur le sujet, confirmant l’engagement de l’Alliance atlantique en Méditerranée afin de lutter contre l’immigration clandestine et protéger les infrastructures essentielles.
« Nous assistons à un renforcement de la présence russe en Afrique », a déclaré M. Stoltenberg, soulignant que les pressions exercées sur le front sud de l’Alliance ont « beaucoup à voir avec les infrastructures essentielles ».
« L’OTAN dispose d’une présence importante en Méditerranée pour faire face à l’instabilité et combattre le terrorisme. Nous soutenons les efforts de l’Union européenne visant à lutter contre l’immigration illégale », tandis que « nous travaillons également avec des partenaires tels que la Tunisie […] et nous intensifierons nos efforts avec nos partenaires en Afrique », a-t-il ajouté.
Avant le discours de M. Stoltenberg, M. Dreosto a déposé une motion au Sénat italien pour activer la demande d’aide économique du gouvernement et d’actions concrètes de la part de l’OTAN et de l’UE en vue de renforcer le flanc sud de l’Europe. L’objectif est de stabiliser la zone méditerranéenne au sens large et d’apporter un soutien particulier à l’Italie qui, en raison de sa situation géographique, est en première ligne pour faire face à la crise des migrants et à toute autre menace.
« L’Italie doit retrouver une vocation maritime, en mettant la mer au centre de notre pays, laquelle doit être conçue comme une zone où nous pouvons projeter notre force géopolitique, non seulement pour notre propre sécurité, mais aussi pour celle de tout l’Occident », a également déclaré M. Dreosto.