« La fin de la grande controverse »

Alors que le Parti socialiste vient de dévoiler ses têtes de listes pour les européennes de juin, le secrétaire national aux questions internationales estime, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, que les socialistes français sont désormais unanimes sur l’Europe.

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Alors que le Parti socialiste vient de dévoiler ses têtes de listes pour les européennes de juin, le secrétaire national aux questions internationales estime, dans un entretien accordé à EURACTIV.fr, que les socialistes français sont désormais unanimes sur l’Europe.

Quel bilan tirez-vous du Conseil national qui vient de se terminer?

C’est un quasi-miracle. Le Parti socialiste est uni sur une orientation, avec un texte assez conséquent, qui est tout à la fois le Manifesto du parti socialiste européen (PSE), et un texte d’orientation, une ligne politique. Cela faisait dix ans que les socialistes étaient divisés, et nous sommes très heureux de les avoir unifiés dans la nouvelle donne européenne.

Est-ce la fin des hostilités entre partisans et détracteurs du traité constitutionnel?

C’est officiellement la fin de la grande controverse entre les socialistes, qui a commencé autour du traité de Maastricht, et s’est développée autour du traité constitutionnel. Nous estimons à l’unanimité –ce qui est un exploit au PS– que l’Europe connaît une nouvelle donne internationale. La crise économique et la réorientation américaine constituent les deux éléments de cette nouvelle donne. 

On observe de plus une évolution positive des partis sociaux démocrates européens. Il y a dix ans, un grand nombre d’entre eux considéraient le marché comme un marché-providence, et les socialistes français étaient isolés lorsqu’ils défendaient les services publics. Aujourd’hui, on assiste au grand retour des régulateurs à l’intérieur de la social-démocratie, ce qui nous plaît énormément.

La constitution des listes a-t-elle été difficile?

C’est toujours difficile. Nous avons entre 20 et 28 éligibles potentiels, sur 500 candidats. Les uns veulent être plus représentés que les autres. Mais nous avons réussi à organiser un débat et un vote. A la grande différence de l’UMP, ce n’est pas le président de la République qui désigne les têtes de listes et les listes.

Quel sont les grands axes du texte que vous avez publié et que vous allez soumettre, le 12 mars, aux militants socialistes?

Nous partons du constat qu’il n’y a jamais eu autant besoin d’Europe qu’aujourd’hui, à cause d’une triple crise : énergétique, économique et écologique. Mais nous devons aussi prendre en compte le doute européen chez les Français. Ils veulent savoir si l’Europe les protège de la crise économique mondiale. Par ailleurs, le texte essaie de bâtir une nouvelle donne en Europe. Nous soulignons ainsi la nécessité d’une nouvelle majorité pour tendre vers une Europe plus juste, plus écologique et plus sociale. 

L’axe libéral qui existe entre Nicolas Sarkozy et [le président de la Commission européenne] José-Manuel Barroso a conduit l’Europe là où elle est aujourd’hui. Il faut lui substituer une nouvelle majorité au Parlement européen. Dans le Parlement sortant, la droite a 60% des sièges.

Quel candidat à la Commission européenne allez-vous défendre?

Pour l’instant, nous n’avons pas décidé. Beaucoup de noms circulent mais nous voulons d’abord en discuter avec les socio-démocrates européens. En tout état de cause, l’orientation et la majorité de M. Barroso au Parlement européen doivent être battues.

Pourrait-il s’agir du même candidat que le candidat défendu par le groupe ALDE? Un accord est-il possible?

Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Nous allons défendre notre candidat. Nous estimons avoir une certaine cohérence avec l’ensemble des partis sociaux démocrates européens, que l’ALDE n’a peut-être pas.