« Des subventions pour les agriculteurs qui s’engagent sur le long terme »
Le nouveau président des Jeunes agriculteurs, Jean-Michel Schaeffer, présente, mardi 13 juillet à Bruxelles, ses propositions pour l’avenir de la PAC.
Le nouveau président des Jeunes agriculteurs, Jean-Michel Schaeffer, présente, mardi 13 juillet à Bruxelles, ses propositions pour l’avenir de la PAC.
Vous présentez des propositions sur l’avenir de la PAC. De quoi s’agit-il?
Il faut tout d’abord que le soutien apporté aux agriculteurs tienne compte de la valeur ajoutée produit par chaque actif. Les agriculteurs qui s’engagent sur le long terme doivent être soutenus. Enfin, nous avons besoin d’une véritable politique d’installation au niveau européen, pour accompagner convenablement les jeunes dans leur projets. Dans la période d’instabilité des prix que nous connaissons, un soutien financier serait précieux pour les jeunes.
Par ailleurs, il faut répondre à la question : «Pourquoi faire une politique agricole commune?», et affirmer que la PAC est une politique alimentaire destinée à nourrir 500 millions d’Européens.
Vous évoquez la politique d’installation des agriculteurs. Mais dans ce domaine, ne faut-il pas mettre en place des mesures au niveau national plutôt qu’européen?
Les objectifs concernant la «formation» peuvent être partagés par tous les pays européens. Un jeune agriculteur doit non seulement bénéficier d’un bon enseignement mais aussi de compétences dans les démarches qu’il doit accomplir pour réaliser son projet. Il doit être suivi par des conseillers adéquats qui tiennent compte des réalités économiques. Après, il revient à chaque pays, en fonction de sa situation, de mettre en œuvre le financement qu’il préfère : prêt bonifié, cautionnement de prêt,…
Etes-vous satisfait des changements que la Commission européenne semble prête à faire dans le domaine de la concurrence en agriculture?
C’est toujours long avec la Commission, mais nous sentons que ça avance. Ces idées ont notamment été reprises par le groupe sur le secteur laitier. Il faut revoir la règlementation européenne pour y introduire un peu plus de souplesse, et donner plus de ploids aux organisations de producteurs, en donnant un cadre légal européen de contrat.
Nous ne pouvons évidemment par mettre sur un pied d’égalité Apple, Microsoft et un agriculteur. Les rapports de forces n’ont rien à voir. Dès lors, pourquoi ne pas essayer d’accompagner ce mouvement de structuration?
C’est-à-dire?
Il s’agit de donner un petit coup de pouce financier à l’agriculteur qui s’engage sur plusieurs années avec un contrat. En faisant ce choix, il entre dans une démarche de long terme et structurante, qui lui permet de stabiliser le prix de sa production.
Que pensez-vous de la mise en place d’un mécanisme d’assurance européen, que Dacian Ciolos a évoqué récemment?
Il faut essayer de combiner différents éléments de stabilité pour les agriculteurs : filets de sécurité aux frontières de l’Europe, dispositif assurentiel pour les agriculteurs, …
Par ailleurs, il faut essayer de mettre en place des schémas cohérents où les producteurs peuvent concilier économies d’énergie et économies de coûts de production. La méthanisation peut par exemple permettre de financer une partie des projets d’investissement, tout en valorisant les déchets.
Que pensez-vous des propos de Nicolas Sarkozy, qui se dit prêt à se battre bec et ongles pour l’avenir de la PAC?
Nous nous réjouissons que le président soit volontaire sur le sujet de l’agriculture, mais il ne faut pas oublier les 26 autres pays. Nicolas Sarkozy est actif pour essayer de trouver des majorités afin de conclure la négociation agricole. Aujourd’hui, beaucoup de pays sont d’accord pour dire qu’il faut garder un budget ambitieux pour l’agriculture : l’Allemagne, l’Espagne et certains pays d’Europe centrale. Ce n’était pas forcément le cas avant les crises agricoles.
Après les crises, beaucoup se sont rendus compte qu’un désengagement trop fort de l’Europe conduirait à une destruction d’une partie de l’agriculture européenne.
Avez-vous l’impression que ce débat sur la PAC intéresse vraiment vos adhérents?