Américains et Européens "ne sont pas exactement sur la même ligne"

Après une rencontre entre les parlementaires américains et européens à la commission des Affaires économiques du Parlement le 2 septembre, le député français Jean-Paul Gauzès, (PPE) évoque pour EURACTIV.fr les divergences entre les deux continents sur la régulation financière.

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Après une rencontre entre les parlementaires américains et européens à la commission des Affaires économiques du Parlement le 2 septembre, le député français Jean-Paul Gauzès, (PPE) évoque pour EURACTIV.fr les divergences entre les deux continents sur la régulation financière.

Après cette réunion, estimez-vous qu’Américains et Européens sont globalement en phase sur la nécessité de progresser sur l’architecture réglementaire des services financiers?

De toutes les façons des réunions comme celles-ci sont utiles et fructueuses, il faut renforcer les relations transatlantiques. Mais pour être tout à fait honnête j’ai eu le sentiment que s’il y avait du côté américain aussi une volonté de régulation et d’ordre, nous n’étions pas exactement sur la même ligne.

Un des parlementaires américains a par exemple dit qu’il n’était pas la peine de s’occuper de la régulation des hedge funds. Or pour un certain nombre de députés, dont je suis, il est nécessaire que la régulation aille un peu plus loin que le simple agrément des managers. 

Il y a un problème d’opinion public. Donc même si nous pouvons dire que les hedge funds n’ont pas été la cause de la crise, l’opinion public a l’image de fonds qui prennnent en compte d’avantage la rentabilité que la vie durable de l’entreprise dans laquelle ils entrent. Il faut apporter une réponse à cela. Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé. Les banques ont été renflouées, la vie financière reprend il faut tenir compte aussi de l’impact que la crise a eu sur la vie réelle. 

Sur la régulation des bonus ou des rémunérations, les parlementaires américains ont été aussi très évasifs. Je pense qu’il y a à la fois la conscience de la nécessité d’apporter une meilleure réponse au fonctionnement du capitalisme mais sans une remise en cause aussi forte que celle que nous avons en Europe ou en tous cas en France. 

Il y a des proximités sur les propos généraux. Mais dans la façon d’aborder concrètement les questions à régler, j’ai l’impression qu’il y a un peu de distance. 

L’Europe peut-elle avancer toute seule sur ces dossiers?

Non. Mais l’objectif du prochain G20 est d’essayer de créer une ligne sur laquelle pourraient se retrouver la plupart des pays importants en matière financière. On ne peut pas tout faire tout seul car on ne peut pas détruire notre industrie financière. 

Nos amis américains disent que des crises surviennent périodiquement et que l’on y fait face. Enfin certaines crises sont plus fortes que d’autres et je ne pense pas que notre monde puisse supporter tous les 4 ou 5 ans des perturbations majeures. 

Etes-vous optimistes sur les résultats concrets attendus du G20?

Oui. Au mois d’avril, nombreux sont ceux qui disaient qu’il ne se passerait rien, et il s’est passé des choses. Je crois que les volontés française allemande et britannique de faire avancer sur des sujets sensibles devraient aboutir à des résultats. 

La logique mondiale a changé. Les politiques sont obligés de reprendre la main et ne peuvent plus laisser faire.